Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Les déserts médicaux

Deux salles, deux ambiances. A l'Assemblée nationale, ce jeudi 18 janvier, les députés débattaient de la liberté d'installation des médecins dans le cadre d'une proposition de loi socialiste. Un peu plus tard dans la journée, au siège de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés, les médecins et l'Assurance maladie devaient acter le remboursement des actes de télémédecine au même niveau d'une consultation physique. Dans les deux cas, la lutte contre les déserts médicaux était au coeur des discussions. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement, qui refuse aussi une suppression du numerus clausus dans les études de médecine a fait son choix: son penchant libéral lui fait refuser les mesures jugées coercitives à l'encontre des médecins. C'est ce que la ministre de la Santé Agnès Buzyn a rappelé à la tribune du palais Bourbon. Elle a balayé le texte déposé par le député PS de Mayenne Guillaume Garot: la mesure phare était "le conventionnement sélectif" des médecins. De quoi s'agit-il? Les médecins qui s'installent dans des zones déjà fortement dotées en praticiens ne pourraient pas être conventionnés ce qui signifie que leurs patients ne seraient pas remboursés. Ceux qui vont dans des déserts médicaux obtiendraient leur conventionnement. "Face à la désertification, nous avons pas tout essayé. Nous n'avons pas essayé la régulation de la liberté d'installation", a estimé l'ancien ministre de François Hollande qui précise son développement. "La nation paye les études des jeunes médecins, la nation garantit ses revenus dans le cadre du financement de la sécurité sociale. Qu'y a-t-il de scandaleux à dire que la nation compte sur vous pour aller dans les zones qui ne sont pas surdotées", s'est-il demandé. Ces zones surdenses concernent, selon lui, 752 communes et 4 millions de Français. "D'une façon générale, les zones surdotées sont urbaines et littorales et les zones délaissées suburbaines et rurales", constatait en novembre la Cour des comptes. La carte ci-dessous tirée de l'Atlas du conseil de l'ordre des médecins le confirme. Dans un rapport, le premier président de la Cour des Comptes Didier Migaud défendait ce "conventionnement sélectif", pointant au passage le manque d'efficacité des incitations financières créées par les gouvernements précédents.

Les commentaires sont fermés.