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L’adaptation des politiques publiques : les limites des outils numériques

Pour les pouvoirs publics, le développement du numérique est perçu comme un moyen d’améliorer les services publics à moindre coût. Le risque est toutefois de trop en attendre. Ainsi, les civic techs, présentées par Stéphanie Wojcik, maître de conférences à l’université Paris-Est Créteil, et Clément Mabi, vice-président de Démocratie ouverte, sont souvent vues comme une réponse possible à la « fatigue démocratique » qui frappe les institutions et les modes de participation traditionnels. Les pouvoirs publics les mobilisent régulièrement à fin d’information et de consultation. Mais la légitimité des résultats est sujette à caution si ces outils sont essentiellement investis par des publics politisés. Pour Clément Mabi, ils ne sont pas la panacée pour répondre à la fracture civique. Plus encore, leur généralisation pour accéder aux services publics peut renforcer l’exclusion de publics qui cumulent précarités sociales et numériques. Pierre Mazet, chargé d’études à l’Observatoire des non-recours aux droits et services, et Jean Deydier, directeur d’Emmaüs Connect et de WeTechCare, ont tous les deux souligné le manque d’accompagnement et de progressivité de la dématérialisation des services publics. Par ailleurs, les initiatives de démocratisation pour favoriser la capacitation (l’empowerment) des citoyens peuvent susciter des déceptions. Les expériences menées en France comme à l’étranger montrent les limites d’une utilisation des contributions numériques dans le processus de décision, l’exemple le plus flagrant étant le rejet par le Parlement islandais d’une nouvelle loi constitutionnelle élaborée par les internautes.

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